Les statistiques de septembre sont sorties, et elles confirment ce que je vois sur le terrain depuis le début de l’automne: le marché ralentit, mais il ne s’effondre pas. Voici ce que disent les chiffres de l’APCIQ et ce que ça veut dire pour vous, que vous achetiez ou que vous vendiez.
Les ventes reculent
Dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, 3 082 propriétés ont changé de mains en septembre 2026, contre 3 486 en septembre 2025. C’est une baisse de 12 %. Toutes les catégories reculent: les plex de 16 %, les copropriétés de 14 % et les unifamiliales de 9 %.
Pour l’ensemble du Québec, on parle de 7 045 ventes en septembre, en baisse de 7 % sur un an. Sur le troisième trimestre au complet (juillet à septembre), les courtiers ont conclu 20 935 ventes résidentielles dans la province, soit 7 % de moins qu’au même trimestre de 2025. Ce niveau reste comparable à la moyenne des dix dernières années pour un troisième trimestre. Donc on ralentit, mais on n’est pas dans un marché mort.
Les prix tiennent
Les prix médians de septembre dans la RMR de Montréal: 635 000 $ pour une unifamiliale, 430 000 $ pour une copropriété et 861 000 $ pour un plex. L’APCIQ indique que le prix médian est stable par rapport à septembre 2025. Camille Laberge, de l’APCIQ, le résume bien: au Québec, la demande diminue, mais c’est insuffisant pour entraîner une baisse généralisée des prix.
Un prix médian, c’est le prix du milieu: la moitié des propriétés se vendent plus cher, l’autre moitié moins cher. Il bouge avec le mélange de ce qui se vend. Une rue, un quartier ou un type de propriété peut très bien faire mieux ou moins bien que la médiane de la région.
L’inventaire monte, et c’est ça le vrai changement
Il y avait 21 793 propriétés à vendre dans la RMR de Montréal en septembre, contre 18 173 un an plus tôt. C’est environ 20 % de plus, toutes catégories confondues. Hélène Bégin, économiste à l’APCIQ, explique que la remontée du nombre de propriétés disponibles atténue dans un premier temps la rareté de l’offre.
Plus de choix, ça change la façon de négocier. Un acheteur peut regarder trois ou quatre propriétés au lieu de se battre pour la seule qui est sur le marché. Un vendeur, lui, a plus de concurrence autour de son inscription.
Pas le même marché partout
L’APCIQ le répète trimestre après trimestre: la moyenne cache des écarts. Dans la RMR de Montréal, les conditions continuent de se détendre. Les copropriétés de l’île de Montréal sont à peu près équilibrées. Le centre de l’île et le secteur du sud-ouest sont déjà en surplus d’offre. La plupart des autres sous-marchés, eux, restent sous pression à cause d’un inventaire bas.
Ailleurs au Québec, les écarts sont aussi marqués. Dans la RMR de Québec, il y a plus de choix mais il manque encore de propriétés à vendre, et les vendeurs d’unifamiliales gardent une position forte. À Gatineau, le marché s’est refroidi et la hausse des prix ralentit. À Sherbrooke, la forte demande compense le retour de l’offre. Les vendeurs d’unifamiliales sont favorisés à Québec et à Trois-Rivières, ainsi qu’à Rimouski, Saint-Hyacinthe, Rouyn-Noranda, Victoriaville, Joliette et Shawinigan.
Le taux directeur
Ici, on parle d’une donnée canadienne qui s’applique telle quelle au Québec. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % à sa décision du 2 septembre 2026, et une décision était prévue le 28 octobre. Vérifiez le taux en vigueur sur le site de la Banque avant de prendre une décision. L’APCIQ souligne que l’abordabilité se détériore parce que les taux hypothécaires fixes ont monté, et que la Banque pourrait relever son taux directeur d’ici le début de 2027. C’est une prévision de l’APCIQ, pas une certitude. Si vous avez un renouvellement ou un achat en vue, parlez à votre prêteur avant la fin de l’automne pour connaître vos options.
Ce que je dis à mes clients
Si vous achetez, profitez du choix. Prenez le temps de comparer, faites vos visites, et gardez vos conditions (inspection, financement) quand c’est possible. Si vous vendez, le prix d’inscription devient la décision la plus importante. Une propriété bien préparée et au bon prix se vend encore, et se vend bien. Une propriété trop chère reste sur le marché pendant que les nouvelles inscriptions arrivent.
Je ne peux pas vous dire ce que fera votre rue le mois prochain. Je peux vous sortir les ventes récentes de votre secteur, comparer avec vos voisins et vous donner un portrait honnête. Écrivez-moi à charles@charlesperreault.com, ça me fait plaisir de regarder ça avec vous.
Sources et références
- La Presse Canadienne, d’après les statistiques de l’APCIQ, Les ventes de propriétés résidentielles sont en baisse à Montréal et au Québec, 14 octobre 2026
- APCIQ, L’immobilier résidentiel poursuit sa période de transition au Québec, communiqué du 14 octobre 2026
- APCIQ, baromètre du marché résidentiel
- Banque du Canada, taux directeur
Charles Perreault
Courtier immobilier, RE/MAX du Cartier, Mont-Royal, Québec
25 ans d’expérience | Plus de 2000 familles accompagnées